USA

Les parcs de l’ouest américain & la Route 66

parc américain

Pour tout motard, la route 66 reste un mythe incontournable. Aller aux USA et rouler sur des portions de cette route c’est la concrétisation d’un rêve ; les parcs nationaux, la cerise sur le gâteau.

Contretemps à l’arrivée.

En arrivant à l’aéroport, nous avons un petit souci avec la douane. Voici l’affaire. Bernard poireaute près du tourniquet dans l’attente de son bagage tandis que Sylvie patiente tranquillement avec sa valise à ses pieds, un peu à l’écart. Tout est tranquille et paisible. Un chien tout à fait quelconque, mais mignon, tourne autour de sa valise. Puis il s’assied, sans broncher, ni bouger une oreille. C’est plutôt un chien, genre sac à main, si vous voyez ce que nous voulons dire. Un tout petit toutou quoi ! Arrive le méchant douanier. Pas de bonjour. Sa question claque Do you smoke? (Est-ce que vous fumez ?). Sylvie le regarde interdite et répond, avec un sourire et en franglish dans le texte Non, je ne smocke pas ! Le méchant douanier, n’en croit rien. Ses yeux se plissent, il réfléchit. Sylvie aussi réfléchit ; et réfléchit même très vite. Tout d’un coup, elle sait. Tout en prenant une mine contrite (mais pas tant que çà) elle dit,  I’m sorry. I  have an appel in my suitcase! (je suis désolée, j’ai une pomme dans ma valise) et là son anglais est parfait. Oups, c’est la tuile !

Et là, le méchant douanier lui indique que sur le formulaire qui a été rempli, toutes les cases sont cochées non, que ce n’est pas bien, etc. Ben oui, quand Bernard a rempli le-dit papier (il y en a un par famille), il ne savait pas que Sylvie avait mis une pomme au milieu de ses chaussettes. Ce serait trop compliqué à expliquer, et Sylvie ne maîtrise pas suffisamment l’anglais. Le méchant douanier récupère son petit toutou renifleur et s’en retourne, frustré. Il n’arrêtera pas de dealer cette fois-ci. Mais nous ne sommes pas quittes pour autant. Nous allons voir le gentil douanier qui nous salue courtoisement. L’objet du délit est mis manu militari à la poubelle. Sur ce, le gentil douanier nous serre la main et nous souhaite un agréable séjour sur le sol américain. C’est un happy end. Cela dit, les fruits frais (entre autres) sont interdits d’entrée aux USA. C’est bien noté !

Road trip & organisation

Moto Harley Davidson

Nous allons jusqu’au bout du fun, en louant une Harley Davidson Softail Heritage avec un look d’enfer, des chromes étincelant de mille feux et des sacoches cloutées. Il ne manque que les blousons à franges, les casques bols et les tatouages façon Black Angels. Nous nous faisons plaisir tout en étant infidèles à notre BMW 1200 GS.

Ce périple se déroule fin juin/début juillet avec un mini groupe de seulement 4 motos (dont 3 Electra Glide, ces grosses motos où l’on est assis comme dans des fauteuils), et 4 bikers avec leurs douces. Coups de chaud, parfois coups de pompe, et même un coup de g… (la vie en groupe n’est pas toujours facile), mais aucun coup de blues durant ce périple.

Quelques chiffres pour vous permettre de vous faire une idée de notre périple : 4800 km parcourus pour 12 jours de roulage, 400 km en moyenne par jour, 7 grands parcs nationaux visités, plusieurs déserts traversés sous un soleil de plomb. Partis de l’état de Californie (Los Angeles), nous passons successivement dans l’Arizona, l’Utah et le Nevada, pour revenir à notre point de départ. La boucle est bouclée. L’incontournable arrêt à Las Vegas est bien sûr au programme, et nous avons également l’opportunité de profiter d’un long arrêt à San Francisco.  Ces deux villes le valent bien. Nous bénéficions d’une belle organisation, bien rodée avec François, notre accompagnateur.

Nous ne vous faisons pas languir plus longtemps. Partons ensemble à la découverte de ces grands parcs nationaux qui nous offrent des paysages surprenants, dans des milieux très différents les uns des autres. Ils ont chacun un charme propre que nous allons vous révéler. Si nous avons un gros coup de cœur pour le Grand Canyon qui nous en fait voir de toutes les couleurs ; les autres ne sont pas en reste.

Les grands espaces des parcs nationaux.

Joshua : des cailloux en veux-tu, en voilà.

Joshua Park dans l'ouest américain

Nous comptons les tonnes de cailloux et les yuccas géants (arbres de Josué, dont est tiré le nom du parc) dans l’immense désert minéral du parc Joshua. Nous sommes pris en sandwich et écrasés par la chaleur des déserts de Mojave et du Colorado. C’est chaud patate ! Dans ces plaines arides, il n’y a que des petits buissons tous rabougris. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela n’est pas déprimant. A bien y regarder, tous ces cailloux sont différents et forment des paysages très changeants. On ne s’ennuie pas. Ici, il n’y a pas foule sur la route. En fait, nous ne croisons personne dans cette contrée à la beauté sauvage. La chaleur y est sans doute pour quelque chose.

Monument-Valley et ses monolithes en grès rouge.

Nous redécouvrons grandeur nature, ce site que tout le monde connaît. Les Navajos appellent cet endroit la vallée des rocs. Nous avons tous en mémoire les calendriers des PTT avec cette photo. Les découvrir face à nous, cela change du tout au tout. Nous sommes tout simplement saisis. La couleur orange si est intense sous le soleil que cela nous fait mal aux yeux. Ce paysage exceptionnel reste un incontournable lors d’une venue aux USA. Pourtant, l’exploitation très touristique, presque agressive, de ce lieu lui fait perdre de son charme et nous dérange. Cela ternit la visite qui reste malgré tout, un beau moment.

Le canyon de Chelly.

Parc de l'ouest américain

Ce canyon est largement moins connu et moins couru que tous les autres. C’est ici qu’une centaine d’Indiens Navajos sont massacrés par les Espagnols en 1805. L’atmosphère est presque religieuse. Nous ne parlons pas, nous chuchotons, comme pour ne pas déranger les âmes de ces morts qui hantent encore les lieux. Le Spider Rock en impose avec sa dent de pierre de 229m de hauteur. Vu du haut des falaises, nous avons l’impression qu’il est petit, et pourtant. Nous avons la chance de faire un marché navajo en bord de route. C’est l’occasion d’échanger avec la population locale et nous passons un bon moment. Les bijoux qu’ils fabriquent sont très originaux. Un de nos amis a même acheté un tomawak. Attention à l’excédent de bagage au retour.

Zion park.

Parcs de l'ouest américain

Nous changeons du tout au tout. Nous circulons sur une route tout en épingle à cheveux, au milieu de gorges étroites. Les motos enchaînent les virages avec souplesse au milieu de ces paysages captivants et de ces falaises imposantes. Même le revêtement du goudron s’intègre parfaitement au paysage. Il fallait y penser. Les roches ont des couleurs éblouissantes. Le beige, le rose, l’ocre, l’orange et le rouge se mélangent artistiquement. C’est remarquable. Mais dans ce parc, on ne s’arrête pas. Et pourtant,  nous aurions aimé prendre une pause au milieu de ce site pittoresque.

Vous allez nous dire, il en manque deux et pas des moindres. Où sont passés le Grand Canyon et Bryce Canyon ? Pas de panique, ce sont nos préférés, aussi, nous les traitons à part. Nous vous les présentons à part et vous allez les découvrir et rêver avec nous.

Et la Route 66 ? Nous en  perdons un tronçon, car des travaux sont en cours. Mais elle est là et bien là, comme en témoigne son énorme logo peint sur la chaussée. On ne peut pas la rater. Nous sommes à Amboy.

La mythique route 66.

Logo de la route 66 à Amboy, USA

Le Roy’s Café.

Il se trouve dans le désert de Mojave, au milieu de nulle part. Seul le café reste ouvert. C’est heureux, car nous cuisons à petit feu tellement la chaleur est intense. A nous, la bonne bière bien fraîche, bien gouleyante pour nous désaltérer (à consommer avec modération, bien sûr). Le décor est un peu triste et donne une impression de grande désolation. Les bâtiments menacent ruine et l’hôtel est maintenant fermé. Les stigmates du temps sont bien visibles. Même l’arbre sur lequel on laisse de vieilles chaussures s’est écroulé, et n’est plus qu’un vague souvenir. Tout fout le camp ma bonne dame ! Si vous voulez voir le Roy’s café debout, dépêchez-vous. D’ici quelque temps, il sera trop tard.

Oatman.

Ancienne ville minière sur la route 66 aux USA

Au temps de la ruée vers l’or, cette ville était prospère et peuplée. Puis, le filon s’est épuisé et les prospecteurs sont partis laissant derrière eux une ville fantôme. Triste histoire !

Cette portion de route 66, aujourd’hui empruntée par de nombreux motards, continue de subsister. Seuls les anciens restent ici et font encore fonctionner le commerce. Cette petite ville minière a des côtés western, et ses ânes quémandeurs de carottes sont attachants. Mais attention, un coup de dent ou un coup de pied est vite arrivé ! C’est presque la seule attraction du village. Un duel au pistolet a lieu certains jours, dans la rue principale. Mais lors de notre passage, nous n’avons pas eu droit à la démonstration. Cela aurait mis de l’animation, car c’est un peu mort ici. Il est pourtant plaisant d’entrer dans les boutiques et les bars, au charme désuet. Dépaysement garanti.

Général store de Hackberry près de Kingman.

Général store sur la route 66

C’est une belle découverte, mais vous ne savez pas encore pourquoi. Nous vous le donnons en mille. Ce sont les toilettes ! Hé oui, la déco est pittoresque, autant chez les dames que chez les messieurs. Nous n’en dirons pas plus, à vous de le découvrir lors d’un prochain voyage. Tout est atypique, nous sommes entre magasin et musée. Nous nous régalons dans cette boutique remplie de beaux objets. C’est une vraie caverne d’Ali-Baba. A nous la plaque de ferraille avec le logo route 66, elle est très originale. Juste derrière les bâtiments, près du garage à l’ancienne, se trouve un cimetière de vieilles voitures de légende toutes rouillées (Chevrolet, Cadillac, Pontiac, etc.). Même corrodées, elles ont encore beaucoup d’allure. Voiture de shérif, vieilles pompes à essence et crâne de vache, nous avons tous les ingrédients pour nous faire rêver et avoir la nostalgie de ce temps passé.

Seligman.

Village typique de la route 66, aux USA

Dans cette ville, les décorations sont un peu kitch, mais fort amusantes. Il y a de tout. Cela va de la célèbre Betty Boop, au Père Noël en passant par Elvis Presley. On fait un peu le grand écart en terme de décoration. La principale attraction est le fauteuil du fameux barbier qui a rasé bien des célébrités. Comme il se doit, nous respectons la tradition en y prenant place. C’est aussi ce barbier qui a œuvré pour la renaissance de la route 66. Du coup, nous avons une petite pensée pour lui. Les murs sont tapissés de photos souvenirs de personnes connues et de cartes de visite laissées par les nombreux visiteurs. Il y en a tant et plus.

Mention spéciale pour la Death Valley  que nous traversons dans une fournaise où le thermomètre affiche 49° et c’est une expérience inoubliable.

Pour notre retour sur Los Angeles, nous faisons une petite virée à Venice Beach. Comme il se doit, nous nous rendrons également sur le fameux Hollywood boulevard. Notre périple ne serait pas complet sans voir ces deux quartiers très réputés de la ville.

Venice beach.

Plage réputée de Los Angelès

Nous flânons sur ce bord de mer aux immenses palmiers et cette plage de sable fin, au milieu d’une foule bigarrée, très décontractée. Les jeunes font du skate comme des virtuoses et ravissent les curieux par leurs prouesses techniques impressionnantes. Les boutiques et vendeurs à l’étalage en tous genres proposent de tout, et du n’importe quoi. Certains articles sont même de vraies curiosités. La police montée ou à moto assure une garde vigilante et discrète dans ce quartier pittoresque très animé. Les chevaux attirent les curieux, et les policiers les accueillent avec sympathie. C’est cool !

Bien sûr, nous ne ratons pas le poste de garde-côte qui rappelle Alerte à Malibu que nos adolescents appréciaient beaucoup, avec des belles en maillot de bain rouge, façon Barbie. L’art est également dans la rue avec de grandes peintures murales fantaisistes très colorées, exécutées avec beaucoup de talent. Venice Beach offre un spectacle permanent et il ne manque pas de piment.

Hollywood boulevard.

Etoile sur Hollywood boulevard

Qui ne connaît pas la fameuse promenade des célébrités avec ses étoiles roses ? Le nom des stars y est inscrit en bronze. Il y a tout un tas de noms inconnus pour nous. Le logo stylisé représente leur catégorie, cinéma, musique ou théâtre. Nous ne les comptons pas, mais il y en aurait plus de 2000.

A côté du théâtre à l’architecture chinoise, la cour est couverte d’empreintes de mains et de pieds des stars du 7e art qui ont immortalisé leur passage. Tout le monde se bouscule ici pour faire une photo. Quant au célèbre panneau HOLLYWOOD que nous connaissons, il est bien visible en haut de sa colline avec ses neuf lettres peintes en blanc.

Alors, si vous aimez le monde et les boutiques pleines à craquer de gadgets multiples et variés, Hollywood boulevard vous attend. Nous n’avons pas été particulièrement convaincus par tout cet étalage.

Nous avons vécu un grand moment de liberté avec cette belle Harley, dans des espaces immenses, formats XXL. Toutefois, si nous avons ressenti des émotions dans les parcs nationaux devant la diversité des décors naturels, nous n’avons pas été proches de la population américaine. Le périple est itinérant, très cadré avec un programme à respecter et de longues distances à parcourir. Nous avons donc peu de temps à chaque endroit et sommes, sans doute passés un peu vite.

Sur la fameuse route 66, les petits villages pittoresques, vestiges d’une partie de l’histoire des États-Unis valent largement le détour, même si c’est un peu décalé. Nous y avons trouvé des décos complètement délirantes et des objets hors du temps. Nous avons pris beaucoup de plaisir à chiner dans ces vieilles boutiques au charme d’antan. La légende est encore présente, mais pour combien de temps encore ?

Nous ne boudons pas cette expérience, qui malgré tout reste unique. Nous avons toutefois, le sentiment d’avoir été des touristes davantage consommateurs et spectateurs, plutôt qu’acteurs. C’est un contraste énorme avec ce que nous avons vécu en Inde, pour la transhimalayenne. Néanmoins, le rêve est devenu réalité et çà, c’est énorme.

7 Commentaires

  1. Avatar

    Michel

    5 janvier 2018 at 17 h 52 min

    Certaines photos nous rappellent de très bons souvenirs de notre voyage en 2009, avec un groupe d’amis, pas en motos mais à bord de 3 vans.
    Merci pour vos récits qui nous font voyager sans quitter le canapé…

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  2. Avatar

    Marc

    8 janvier 2018 at 21 h 16 min

    L’ouest américain, c’est juste exceptionnel et magnifique ! Que de beaux endroits et de sublimes paysages…La mythique route 66, incontournable pour les bikers…Comme dans un film américain !!!
    Cela me fait agréablement penser à une chanson de Bruce Springsteen……..
    Merci pour le partage.

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  3. Avatar

    MAYNARD Geneviève

    4 février 2018 at 9 h 11 min

    Bien sûr. Que cette route mythique fait partie de nos rêves et que vous avez su nous donner davantage l’ENVIE. . …oui l’envie d’aller la découvrir.Merci les amis.

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  4. Avatar

    Cindy

    17 mai 2018 at 16 h 36 min

    Quelle histoire à la douane, heureusement que tout se termine bien!! La côte Ouest m’a l’air d’être un superbe voyage et magnifique, merci pour toutes ces belles photos qui donne vraiment envie d’y aller!!

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    • Sylvie et Bernard - Viens, on s'arrache!

      Sylvie et Bernard - Viens, on s'arrache!

      17 mai 2018 at 19 h 40 min

      Hé oui, nous avons pris une petite douche froide avec le problème de la douane, et maintenant nous sommes particulièrement vigilants en faisant notre valise… Quant à notre périple moto, nous nous sommes vraiment régalés avec des paysages grandioses !

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