On dit que le hasard fait parfois bien les choses. Et ce fut le cas pour nous, il y a quelques années lorsque nous cherchions un emplacement pour garer notre camping-car le long du quai Jean-Bart à Redon. Nous tombons pile, quasiment nez à nez sur du street art. En août dernier, nous retournons à La Gacilly pour admirer la nouvelle exposition du festival photos qui a lieu chaque année et que nous vous recommandons chaudement. Chemin faisant, nous repassons à Redon et c’est l’occasion de découvrir les nouvelles œuvres habillant les murs de ce que l’on appelle la friche Garnier, depuis plusieurs années déjà.
La friche Garnier, c’est quoi ?
Ce n’est pas récent puisqu’elle a été construite en 1862 à la confluence entre le port et la Vilaine ; elle a fermé ses portes le 25 août 1980. Fleuron de l’industrie de Redon (Ille-et-Vilaine), ce sont d’anciens entrepôts de l’usine Garnier qui fabriquait des machines agricoles. C’était une des plus importantes manufactures de machines agricoles de France qui a compté jusqu’à 900 salariés. Ce n’est pas rien.
Et ensuite ?
Si ce site emblématique a bien abrité quelques activités associatives, patrimoniales et culturelles après sa fermeture ; le vaste bâtiment est progressivement déserté, puis oublié. C’est ainsi qu’au fil des ans, les graffeurs ont redonné vie à ces lieux abandonnés en utilisant les murs extérieurs comme une galerie gigantesque en perpétuelle transformation. Ce site devient le rendez-vous incontournable des amoureux de l’art urbain.
Un quartier en pleine mutation.
Premier semestre 2025, une opération « curage rouge » a eu lieu. Que saco ? Un nom de code ? Un truc bizarroïde ? Rien de tout ça en fait et c’est très simple : il suffit de dépolluer les lieux de la présence de plomb et d’amiante dans le cadre d’une sécurisation du site. On enlève les structures et tous les objets patrimoniaux pollués au plomb, stockés à l’intérieur des bâtiments, avant désamiantage. Puis, les structures existantes seront démolies au profit d’une halle événementielle, avec entre-autres, des espaces publics et des logements tout en respectant la mémoire industrielle du site. En tout cas, c’est que qui est globalement prévu à l’horizon 2030.
Aujourd’hui encore, une attraction culturelle.

On découvre les multiples peintures murales tout autour des bâtiments. Pour les apprécier, il suffit d’en faire le tour, à son rythme. C’est alors le talent et la couleur que notre appareil photo capture avec ravissement ; c’est un peu un musée à ciel ouvert avec des peintures en format XXL. Certaines œuvres sont respectées et peuvent rester en place plusieurs années. C’est d’ailleurs le cas pour « Tank Girl » de 2017, toujours présente en 2025. Ce portrait là, type BD, on l’adore. D’autres sont recouvertes pour laisser la place à de nouvelles peintures au gré des envies des artistes : fresques, portraits, animaux…
Artistes anonymes ou de renom.
Jef Graffik – alias Jean-François Guibillon – artiste local, a réalisé de nombreux portraits et fresques dans ces lieux ouverts, seul ou avec des amis invités. Ses portraits de jeunes femmes, notamment, vous regardent droit dans les yeux et captivent, voire envoûtent le spectateur. D’autres muralistes y exercent également leurs talents avec bonheur. Tous savent leur art éphémère et en profitent pour continuer à donner vie à la vieille usine pour notre plus grand plaisir.
Ils gardent encore leur terrain de jeu favori tant qu’il est encore là. Pourtant, ces graffitis sont voués à disparaître avec le projet Confluence 2030 redessinant les quartiers portuaires de la ville. C’est quasiment demain !
Les quelques œuvres que nous vous présentons feront bientôt partie des archives, témoins d’un passé révolu.
Alors, dépêchez-vous d’y aller !





