Le gouffre de Fontaine de Vaucluse.

Résurgence

Ce site est également connu sous l’appellation de Résurgence de Fontaine de Vaucluse. Ici, on vient en famille, entre amis ou en amoureux. C’est un peu la promenade dominicale dans un cadre enchanteur.

Prêts pour la balade ?

Le petit village est envahi en période estivale. Tout est parfaitement organisé et des parkings sont spécialement aménagés pour les visiteurs. Un court trajet nous attend pour arriver au bord de la Sorgue et du sentier qui nous conduit vers le gouffre. Comme nous sommes venus justement pour nous aérer, nous ne nous plaindrons pas.

Lors de notre première visite, au printemps, nous avons la chance de voir la fameuse résurgence. Nous empruntons la voie piétonne qui longe la rivière et arrivons au fond du cirque rocheux, au pied d’une falaise abrupte. C’est ici que la Sorgue prend sa source, juste derrière les barrières de bois. Elle bouillonne d’impatience et nous le montre. Son eau vert émeraude pétille et déborde en cascade sur les rochers avec un débit impressionnant.

Sorgue à Fontaine de Vaucluse

Les amateurs de kayak s’en donnent à cœur joie dans les rapides tumultueux. Ils se régalent sur un parcours spécialement aménagé pour eux et ravissent les promeneurs de leurs prouesses.

La fois suivante, ce sera en été. Nous venons à deux couples, à moto. Partis de Saint-Saturnin-Les-Apt (joli petit village du Luberon), nous prenons une route sinueuse dans l’arrière-pays pour arriver à Fontaine. Pas de souci pour garer les machines ; seuls les blousons sont un peu encombrants pour se promener. Comme il n’y a pas de résurgence, nous nous approchons au bord du gouffre, mais nous ne voyons rien. L’eau est comme endormie au fond de l’énorme trou qui descend dans les entrailles de la terre. Puis, elle suit son bonhomme de chemin, pour réapparaître un peu plus loin, au milieu des rochers.

Ducks

La rivière apporte de la fraîcheur dans ces chaudes journées estivales. Les algues qui tapissent son lit transforment son eau en couleurs presque fluorescentes. Cela donne un charme fou à son cours, que bordent des platanes séculaires. Les rayons du soleil jouent avec le feuillage et offrent des tableaux multicolores fascinants. On se laisse bercer par le chant des cigales, des oiseaux et le murmure de l’eau.

 Fontaines de Vaucluse

Sur le site, nous visitons la reconstitution d’un ancien moulin à papier. L’énorme roue à aube est encore active et elle tourne à une allure d’escargot. Nous apprenons tout sur la façon de faire de la pâte à papier. Si cela semble un peu foutraque, c’est un retour dans le temps au cœur d’un artisanat oublié qui ne manque pas d’intérêt. Et puis, la boutique est pleine de trésors, en papier, naturellement !

Le Vaucluse est riche de légendes et nous adorons. Après l’avis de spécialistes, il nous propose une piste sur l’origine de la Sorgue. Ne soyez pas impatients, nous allons vous raconter.

D’où vient cette eau ?

Bien des scientifiques se sont penchés sur la question et maintes explorations ont eu lieu dans les profondeurs de la cavité. L’explication est finalement très simple. La source est l’unique sortie d’écoulements souterrains, alimentée par les eaux de pluie et celles issues de la fonte des neiges venant du Mont Ventoux, du mont Vaucluse, de la montagne Lure et du plateau d’Albion. Du coup, ces ruissellements débouchent directement dans la rivière Sorgue, et ponctuellement dans le gouffre situé en amont, lorsqu’il déborde. CQFD !

Le secret de la nymphe.

Le long de la promenade, une plaque apposée sur la roche, nous conte cette histoire.

Parti pour faire danser les filles de l’Isle sur la Sorgue, le vieux ménétrier* Basile s’endormit à l’ombre, un chaud jour. Sur le chemin de Vaucluse, apparut une nymphe, belle comme l’onde claire. Elle le prit par la main et le conduisit au bord de la vasque où s’épanouit la Sorgue. Devant eux, l’eau s’entrouvrit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre. Après une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d’une souriante prairie semée de fleurs surnaturelles, arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. Soulevant l’un d’eux, elle fit jaillir un puissant jet d’eau. « Voilà, dit-elle, le secret de la source dont je suis la gardienne. Pour la gonfler, je retire les diamants. Au septième, l’eau atteint le figuier qui ne boit qu’une fois l’an. » Puis, elle disparut en réveillant Basile.

* Musicien populaire qui faisait danser les villageois, le plus souvent au son du violon, en particulier à l’occasion des noces. Ménétrier, autrefois ménestrier, est une déformation de ménestrel.

La légende de la Coulobre.

Cette créature est une sorte de salamandre géante et ailée qui vivait sous un rocher recouvert par les eaux de la Sorgue. Elle s’accouplait avec des dragons de passage qui l’abandonnaient ensuite, peu séduits par sa laideur. Elle terrorisait la région et ses  habitants, en égorgeant les  hommes et le bétail. Au VIe siècle, Saint Véran, évêque de Cavaillon affronta la bête immonde et la terrassa en lui faisant le signe de croix. Puis il la catapulta jusque dans le Luberon. L’endroit où s’effondra le monstre est marqué d’une entaille profonde,  la Combe de Lourmarin.

Dans cette vallée, les motards se régalent sur une route pittoresque serpentant dans les gorges de l’Aiguebrun, entourées de falaises. Finalement, elle a quand même fait quelque chose de bien cette Coulobre*.

* Ce nom de Coulobre pourrait être issu d’un mot latin  coluber, voulant dire couleuvre.

Comme dans toutes légendes, il y a quelques variantes. En tout cas, sur la place du village, se trouve une fontaine où l’on voit Saint Véran terrassant le monstre. Alors, croyance populaire ou réalité ?

Tout est calme et paisible lorsque la Sorgue prend ses quartiers d’été. Nous apprécions ce lieu bucolique où il fait bon flâner pour profiter de la fraîcheur apportée par la rivière et prendre un grand bol d’air, loin de l’agitation de la ville. L’ombre accueillante des vieux platanes attend les promeneurs pour une pause bien méritée.

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