A la découverte de Kampong Phluk, un village pittoresque sur pilotis.

Kampong Phluk Cambodge

Pour éviter de saturer avec tous les temples du site d’Angkor, nous faisons une pause pour aller découvrir le village de Kampong Phluk (ou Kompong Phluk) sur pilotis, semble-t-il encore préservé du tourisme de masse et c’est déjà toute une aventure pour nous y rendre. Nous cahotons pendant des kilomètres sur une piste de terre rouge particulièrement pénible et poussiéreuse ; c’est complètement merdique et notre tuk-tuk  dont les sièges inconfortables sont rembourrés avec des noyaux de pêche ne nous ménage pas. Arrivés à la billetterie, il nous est remis des masques chirurgicaux pour nous protéger le nez, ce n’est pas du luxe car on a du mal à respirer et la Covid19, encore inconnue n’en est pas la responsable ; elle fera son apparition trois mois plus tard.

Tricycle cambodgien

Avec le rouge de la terre et le vert tendre des rizières, les contrastes sont frappants et donnent une impression surréaliste aux paysages qui nous entourent ; cela donne du caractère à ces plaines où les paysans que l’on aperçoit dans leurs champs ne sont que quelques points isolés parmi ces vastes étendues. Mais où sont donc ces fameuses maisons sur pilotis ? Un peu de patience, nous apercevons maintenant les nombreuses embarcations entassées le long de la berge sur plusieurs rangs qui attendent gentiment les visiteurs. En pleine saison touristique, cela doit être infernal. Néanmoins, il n’y a pas de cohue, mi décembre les touristes ne sont pas encore arrivés et nous n’en croisons aucun. Nous sommes seuls à bord de notre bateau artisanal ; nous avons donc tout loisir pour choisir notre place et en changer selon nos envies. C’est tout un art pour se dégager de cette masse ; notre jeune pilote joue des bras et des pieds pour pousser ses voisins ; c’est visiblement la tactique d’usage pour s’en sortir.

Kampong Phluk Cambodge

Kampong Phluk Cambodge

Village sur pilotis Cambodge

La rivière est sinueuse et nous croisons des pêcheurs lançant leur filet lorsqu’au détour d’un méandre, nous apercevons comme une forêt de poteaux sur lesquels se dressent des maisons aux toits de tôle ondulée. Cette vision est aussi inattendue que spectaculaire, nous n’imaginions pas du tout à ça. Les piliers font 6 à 8 mètres de haut et forment une jungle presque inextricable, mais semble-t-il ordonnée de morceaux de bois entrecroisés sur plusieurs niveaux avec des échelles pour y accéder. Il y en a des deux côtés du fleuve ; nous sommes d’un seul coup transportés ailleurs et restons complètement baba devant ce genre de constructions si singulières. Nous filons vers le lac Tonlé Sap en croisant des bateaux de pêche et c’est presque un village fantôme que nous traversons. Nous apercevons juste quelques hommes occupés à réparer des filets de pêche et quelques enfants ; les autres villageois sont sans doute tout là-haut, à l’intérieur de leurs maisons, en tout cas on ne les voit pas.

On a du mal à imaginer que l’eau puisse monter à une telle hauteur. Et pourtant, il s’agit d’un phénomène naturel lié à la présence du lac Tonlé Sap à côté du fleuve. Pour comprendre, juste quelques chiffres qui nous ont impressionnés : à la saison des pluies de juin à septembre, le lac se remplit par l’eau du Mékong et atteint 14 mètres de profondeur pour une superficie de 10 000 km2, alors que de novembre à mai, période sèche, il n’est plus que de 2 m de profondeur et ne s’étend plus que sur 3000 km2. C’est tout simplement incroyable !

Nous rejoignons une plateforme sur le lac pour une petite virée au milieu de la forêt inondée. A peine arrivés, nous n’avons pas le temps de dire ouf, on nous saute dessus pour récupérer le prix de l’excursion et nous imposer d’aller boire un café à un prix faramineux, sans nous rendre la monnaie. Holà, pas si vite ! Nous déclinons l’offre pour le café, pour nous ce sera juste la balade sur l’eau ; Bernard récupère alors nos sous dans la main de l’encaisseur très surpris de notre refus.

Tonlé Sap Cambodge

Tonlé Sap cambodgienne

La fillette de 10 ans qui accompagne sa grand-mère est très loquace ; elle veut parler anglais et profite de notre présence pour nous faire passer un interrogatoire en règle et nous nous prêtons au jeu : Vous habitez où ? C’est loin ? C’est quoi votre prénom? Moi, je joue au football, vous aussi ?… ; cette charmante pipelette fait sourire d’indulgence sa mamie, visiblement sous le charme de sa petite fille qui jacasse comme une pie. Une demi heure, cela passe très vite, mais cet intermède au milieu des arbres où filtrent les rayons du soleil est reposant, même si le côté mercantile ne nous échappe pas après un passage obligé vers des femmes avec leurs petits en bas âge, installées sur leurs barques pour vendre des cahiers et des stylos pour les enfants de la communauté et différents paquets de gâteaux.

Nous ne faisons pas d’arrêt dans le village et notre pilote nous ramène à notre point de départ pour retrouver notre chauffeur et retourner sur Siem Reap. C’est reparti pour un tour et on ressort vite le masque de nos poches, outil indispensable pour se protéger le nez ; nos vêtements ne sont malheureusement pas épargnés et la chemisette blanche de Bernard n’est plus qu’un lointain souvenir à notre arrivée.

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