Alberobello et ses drôles de trulli.

Alberobello avec dessins de trulli

C’est dans la vallée d’Itria que l’on découvre Alberobello. Bien connu pour ses trulli et la forme très particulière de ses toits, c’est ici que l’on en trouve la plus grande concentration. Classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996, ils attirent un grand nombre de touristes dans ce petit village des Pouilles. Forcément, c’est un incontournable lorsque l’on vient dans cette région et s’y promener permet d’en savoir plus sur leur construction et leur histoire.

Vous avez dit trulli ?

On ne va pas vous faire un cours d’italien, mais sachez qu’à Alberobello, on dit : un trullo (au singulier) et des trulli (au pluriel). Comme à Matera, un sasso (pierre), et des sassi ou encore, un macaron et des macaronis. Bien vu, dans ce dernier exemple, cela ne marche pas, même si les macaronis sont des pâtes italiennes. C’est juste histoire de s’amuser un peu et de ne pas être trop sérieux.

Des constructions typiques.

Ce n’est pas un village de Hobbits, mais on s’en rapproche tant ces maisons sont assez basses. Avec leurs toits coniques à répétition, un peu comme un copier/coller, on a presque le sentiment d’arriver dans une méga champignonnière. Construites en pierres sèches, sans mortier, ces toitures en forme de dôme, surmontées de pinacles captent instantanément le regard, tout comme les signes peints à la chaux dessus. Allons voir de plus près ce qu’il en est.

Les pinacles.

Formes de pinacles sur les trulli d'Alberobello

Sculptés, ils sont tous différents ; certains assez simples et d’autres plus travaillés. On trouve des boules, des disques, des vasques et d’autres formes encore. Plus les pinacles sont sophistiqués, plus ils coûtent chers et reflètent ainsi le statut social des habitants du trullo. En fait, il s’agit tout simplement des signatures des maçons-tailleurs de pierre ayant construit les maisons.

Les symboles.

Symbole sur les toits des trulli à Alberobello

On ne passe pas à côté de ces grands dessins mystérieux, peints sur les toits. Selon une brochure achetée sur place, les symboles seraient de trois ordres :

  • Primitifs
  • Chrétiens
  • Magiques

On s’amuse à les repérer et à essayer de les trouver tous, mais sans succès. Il semblerait que ces signes spécifiques aient finalement vocation à détourner le mauvais œil, mais aussi à se prémunir des multiples épreuves et catastrophes. Ils seraient donc liés aux superstitions populaires remontant à des temps anciens. En tout cas, quelle que soit leur origine, cela donne une aura singulière à ces toits. D’ailleurs, devant la bijouterie tout en haut du quartier Monti, la ligne de trulli arbore des dessins symbolisant, selon la vendeuse, « la bonne chance ». Les voilà donc bien protégés.

La technique de construction.

Trullo en bord de route

Dessin de la coupe d'un trullo

A l’origine, ces bâtiments servaient d’abri aux bergers, aux animaux et de lieu de stockage des outils de la ferme. Dans la vallée de l’Itria, il y en a beaucoup en bordure de champs d’oliviers, en plus ou moins bon état, entourés de nombreux murets de pierres. Comme un dessin est plus parlant qu’un long discours, on en a trouvé un pour vous montrer sa construction. En bas se trouve les pièces à vivre et dans le cône, c’est le grenier. Là on stocke des victuailles, mais il servait aussi de couchage pour les enfants afin qu’ils soient bien au chaud. Dernière précision, plus un trullo a de cônes, plus la famille est riche et plus les pièces sont distinctes (cuisine, chambre, séjour,…). Maintenant, vous en savez autant que nous sur la question.

Visite du site historique.

Le quartier Monti et nos premières impressions.

Trulli du site historique d'Alberobello

« Tout nouveau, tout beau », n’est-ce pas ce que l’on dit ? Alors, tout à la découverte de ces trulli, il est plaisant, au début, de déambuler dans les ruelles étroites. Tout cet environnement est original et les murs peints à la chaux sont d’un blanc éclatant sous le soleil. Nous voilà parachutés dans un autre monde et c’est la première fois, reconnaissons-le, que nous voyons ce genre de bâtisses, venues tout droit d’un autre âge. Les pinacles, les toits coniques, les dessins ; tout ce qui nous entoure est surprenant et forme un tout inédit pittoresque. Indéniablement, ce décor unique mérite bien une visite. De plus, lorsque vous entendez un artiste de rue talentueux chanter admirablement The sound and silence de Simon & Garfunkel, on applaudit de plaisir et on laisse la pièce.

Mais ensuite.

Alberobello et magasin dans un trullo

Pourtant, il faut bien reconnaitre qu’il y a foule. Au bout d’un moment, on se lasse très vite de ce monde qui se bouscule dans l’étroitesse de certaines rues. Et ce serait mentir, de ne pas mentionner les nombreux trulli transformés en magasins de souvenirs, d’artisanat, d’hôtels ou de restaurants pour un commerce visiblement lucratif. D’ailleurs, toutes les boutiques proposent le même genre d’articles et les trulli se déclinent à l’infini sur les paniers, torchons et gadgets à tout va. Le fin du fin, c’est le baromètre changeant de couleur selon le temps, il a visiblement beaucoup de succès : bleu = grand beau ; violet = temps variable ; rose = pluie ; gris = neige. Peut-être serez-vous tentés ?

Le quartier Aia Piccola.

Nous sommes ici à gauche du belvédère, à deux pas de la Piazza delle Erbe et tout de suite, on se sent mieux. Dans ce secteur beaucoup plus authentique, visiblement boudé des touristes, il y a très peu de magasins. Cela nous va bien et l’on retrouve de la tranquillité au milieu de ces trulli, encore habités par les Italiens. Nous y faisons une balade très agréable où les pierres semblent nous raconter leur histoire, loin de la cohue.

Forcément, même si ces petites maisons du quartier historique sont charmantes, paradoxalement, on en oublie le pittoresque tant il est victime de son succès. Après quelques heures passées dans le village, nous laissons Alberobello « le bel arbre » et ses trulli pour Matera où d’autres découvertes nous attendent. Une question toutefois nous taraude : Y aura-t-il autant de monde là-bas ? Promis, on vous tient au courant.

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4 Commentaires

  1. Laurent

    8 janvier 2023 at 15 h 28 min

    Oh ça rappel de jolis souvenirs ça 🙂 J’y étais en octobre dernier. Et c’est vrai que même à cette période de l’année, ça restait tout de même le truc très très touristique avec pas mal de monde. Forcément, c’est vraiment très original, donc tout le monde a envie de voir ça.
    J’en garde néanmoins un très bon souvenir. Merci pour les explications historiques que j’ignorais.

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