Escapade à Rome la ville éternelle

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Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome ? Nous y sommes passés en coup de vent en descendant sur la Sicile avec une vieille Citroën Ami 6, autant dire que cela ne date pas d’hier. Faute de temps, nous n’avions pu en profiter pleinement et nous nous étions promis d’y retourner un jour. C’est maintenant chose faite.

Quand tout patauge!

L’escapade prend mauvaise tournure lorsque notre avion en panne de réacteur est dans l’impossibilité de décoller. Nous sommes tous sur les nerfs, car les informations arrivent au compte-goutte et nous n’avons aucune idée de l’heure réelle du départ. Aussi, pour nous faire patienter et remonter le moral des voyageurs, il nous est remis un bon d’achat pour un sandwich et une boisson. Ce n’est pas du luxe, car le petit déjeuner est bien loin et notre estomac crie famine. Après 5 longues heures d’attente à rouiller dans un couloir, nous décollons enfin. Ce n’est pas trop tôt.

Ce retard engendre une cascade d’ennuis qui s’enchaînent avec une demi-journée de perdue, plus de chauffeur à l’arrivée et un aménagement vers minuit à l’hôtel. Nous sommes tellement HS que nous n’avons aucune envie de ressortir. Ce sera au lit sans souper. Le lendemain matin, remis de notre contrariété, nous partons pour découvrir la ville. Pour démarrer, nous nous dirigeons vers le Colisée situé à un petit quart d’heure à pied de notre point de chute.

Le Colisée.

Rome

Le plus frappant en arrivant, c’est de constater que la file d’attente est presque aussi impressionnante que le site. Mais avec notre guide, nous passons assez rapidement les contrôles. A peine entrés, il nous bombarde de chiffres et tout y passe : les dimensions de l’enceinte extérieure, de l’arène intérieure, la superficie totale, le nombre d’arcs et de statues, etc. à en avoir le tournis, car cet amphithéâtre est le plus grand jamais construit dans l’Empire romain. Hé bien, nous n’en retiendrons aucun. Mais au fond, est-ce si important ? Il suffit de constater par nous-mêmes que nous sommes presque des nains à côté de cet édifice gigantesque construit sur quatre étages.

Rome

L’intérieur est d’une organisation parfaite et l’arène est visible de partout, quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Il faut imaginer que plus de 50 000 spectateurs, entassés sur les gradins selon leurs classes sociales pouvaient assister aux combats de gladiateurs ou d’animaux, et même à des batailles navales avec l’arène remplie d’eau. C’est tout simplement incroyable. En pensant à Gladiator, célèbre film dans lequel la reconstitution du Colisée est remarquable, nous imaginons les gladiateurs combattant devant nous. Salut César, ceux qui vont mourir te saluent, mais nous sommes juste en train de rêver, il n’y a personne. Seules les pierres se souviennent et elles restent muettes.

Rome

Juste à côté du Colisée, nous jetons un rapide coup d’œil sur l’Arc de Triomphe de Constantin composé de trois arches richement décorées, et nous continuons notre chemin pour nous diriger vers son voisin.

Le forum romain.

Rome

En parcourant l’allée sacrée qui nous y conduit, nous traversons 12 siècles d’histoire gravés dans la pierre de ses pavés irréguliers. La chaussée est rendue glissante par le passage incessant des nombreux visiteurs et ce n’est pas le moment de se fouler une cheville. Pourtant Sylvie a bien failli et s’est récupérée in extremis. Nous sommes au cœur du centre politique, religieux et judiciaire de la ville antique et nous déambulons tranquillement parmi les vestiges d’anciennes basiliques, de multiples temples, des colonnes de marbre blanc et des sculptures qui nous racontent l’histoire de ces lieux où se côtoyait le tout Rome.

Juste en haut de la colline se trouve le Palatin, et nous gravissons une multitude de marches pour y accéder.

Le Palatin.

C’est sur cette colline, l’une de sept que compte Rome, que Romulus aurait fondé la ville et c’est également là que se trouvait la résidence des grands empereurs romains. Les nobles et les riches ne sont pas en reste et ils y construisent également leurs villas et leurs palais.

Rome

La taille des vestiges nous donne une idée de la dimension des différents monuments aujourd’hui disparus. Il n’y a plus que des ruines, mais il fait bon se perdre au milieu de ces vieilles pierres et vagabonder dans ce cadre verdoyant où l’ombre des pins apporte un peu de fraîcheur par cette chaude journée de printemps. Le Palatin offre une vue imprenable sur le Forum romain qu’il surplombe, ainsi que sur le Colisée. Ce sont ses uniques points forts et cela vaut vraiment le coup d’œil. Aussi, nous ne regrettons pas nos efforts à monter les escaliers sous la canicule.

Nous quittons le Palatin pour flâner dans les rues de la cité antique. Immanquablement, nous arrivons devant le Panthéon, l’un des bâtiments emblématiques de Rome.

Le Panthéon.

Nous nous posons la question ; au fait, c’est quoi un panthéon? Facile, nous avons fait une petite recherche. En grec, cela veut dire tous les dieux. A l’origine, ce temple est donc dédié à toutes les divinités de la religion antique, qu’ils soient romains, égyptiens ou grecs, puisque chez les Romains la tolérance religieuse est de mise. Ils sont vraiment trop cool.

Depuis le 7e siècle, c’est une église. Nous entrons par un porche de 16 colonnes de granit et nous nous trouvons sous une immense coupole, dominant l’édifice. L’intérieur circulaire est un chef d’oeuvre d’harmonie et de grandeur. Dans ce décor très dépouillé, nous sommes enveloppés par les couleurs chaudes des panneaux polychromes, et les sols en marbre qui leurs font écho sont vraiment splendides. Il règne ici une atmosphère sereine, presque mystique. La visite prend peu de temps, mais laisse un grand sentiment de quiétude, malgré les nombreux visiteurs présents sur le lieu.

De multiples fontaines jalonnent notre parcours dans la ville et ce n’est pas un hasard, car les Romains considèrent l’eau comme un don des Dieux. Il y en a tellement que Rome est également appelée ville des fontaines.

Partons à la découverte de quelques fontaines.

La fontaine de Trévi.

Rome

Il est complètement impensable d’être à Rome et de ne pas venir l’admirer, c’est un passage obligé. Elle est à la hauteur de sa réputation : magnifique et resplendissante, d’une blancheur immaculée. Elle en jette vraiment ! Neptune se tient dans la niche centrale, sur un char en forme de coquille guidé par deux chevaux marins et deux tritons.

Nous n’oublions pas la tradition qui veut que tout visiteur doive lancer deux pièces de monnaie dans la vasque. La première lui assure de revenir à Rome, la seconde lui permet de réaliser un vœu. Mais là, c’est le parcours du combattant pour approcher, il faut jouer des coudes et se faufiler au milieu de nombreux badauds. Pour faire correctement, il faut prendre la pièce dans la main droite, se mettre dos à la fontaine, et la jeter par-dessus l’épaule gauche. En tout cas, nous avons bien respecté la procédure et notre vœu ne s’est toujours pas réalisé. N’y aurait-il pas tromperie quelque part ?

Dans le cœur historique, la place Navone (Piazza Navona) pleine d’élégance dégage un charme spécial avec les bâtiments couleur pastel qui l’entourent. Elle est le rendez-vous des caricaturistes, mimes, musiciens et artistes de rue. C’est une invitation à la détente et à la gourmandise. Hé oui, une bonne petite glace italienne, ça ne vous tente pas, nous si. On déniche une gélatéria dans une petite rue adjacente où les glaces sont succulentes et on revient s’asseoir au bord d’une fontaine pour la déguster et profiter de l’ambiance. Impossible de s’y ennuyer, il y a toujours un spectacle pour nous étonner et nous enthousiasmer. Elle est très prisée des visiteurs qui se pressent ici pour découvrir également les trois fontaines, et pas des moindres, qu’elle a pour elle seule. Nous ne faisons pas exception à la règle et ne sommes pas déçus.

La fontaine des Quatre Fleuves.

Place Navone Rome

C’est une oeuvre de Bernin. Elle se dresse au centre de cette grande place et ses statues représentent les quatre fleuves (le Danube, le Gange, le Rio de la Plata et le Nil), symboles des quatre parties du monde. Les touristes sont partout et il n’est pas facile de s’approcher tant elle est prise d’assaut, elle aussi.

Les fontaines du Maure et de Neptune l’encadrent.

La fontaine du Maure.

Place Navone Rome

La fontaine de Neptune.

Place Navone Rome

Inutile de faire de grands discours, il suffit de regarder. Ces trois fontaines sont de purs chefs-d’œuvre.

La fontaine de la Barcaccia.

Place d'Espagne Rome

A nous les boutiques de luxe de ce quartier chic ! Ne nous emballons pas, ce n’est pas ce que nous venons découvrir, mais la barque très originale qui prend l’eau, située sur la place d’Espagne (Piazza di Spagna). Les innombrables visiteurs viennent ici pour profiter de la fraîcheur de la fontaine et de la vue sur les escaliers qui mènent à l’église de la Trinité des Monts. Belle ou vilaine ? A chacun d’avoir sa propre opinion, disons simplement que ce n’est pas notre préférée. Indéniablement, de toutes les fontaines que nous avons vues, nous décernons la palme d’or à celle de Trévi, qui dégage beaucoup plus romantisme et de poésie que toutes les autres.

Si la basilique Saint-Pierre, de la cité du Vatican est grandiose, celle de Saint-Jean de Latran est également l’un des atouts majeurs de Rome. On y va et on vous raconte.

La Basilique de Saint-Jean de Latran.

Basilique de Rome

Ici, pas de bousculade ni de cohue. Nous visitons tranquillement et prenons le temps de regarder et de profiter de toutes les merveilles qui s’offrent à nous. Cette église est un trésor architectural et décoratif. L’intérieur de style baroque est richement décoré et nous pouvons contempler les armoiries papales sur les plafonds en bois sculptés et dorés. Nous découvrons des fresques superbes, des statues imposantes d’apôtres, des colonnes, des marbres multicolores, des médaillons, et davantage encore dans cet édifice harmonieux qui nous séduits, non seulement par sa taille imposante, mais aussi par le caractère majestueux qu’il dégage et son atmosphère sereine empreinte d’une force tranquille.

Pour ceux qui veulent beaucoup plus et qui ne se lassent pas des belles choses, la Villa Borghèse est impérative. Sous cette appellation, il y a le grand parc avec ses fontaines et ses statues qui invitent au repos et à la promenade, mais également, la galerie Borghèse ; galerie d’art comme chacun sait.

Il faut préalablement réserver et le temps de visite limité à deux heures, passe très vite. Comme nous sommes un peu en avance, nous attendrons notre tour car ici, il n’y a pas de passe-droit. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure et après l’heure, ce n’est plus l’heure. Les contrôleurs sont très pointilleux là-dessus et ils n’hésitent pas à vous refouler si l’horaire n’est pas respecté.

La villa Borghèse.

Nous sommes éblouis ; c’est littéralement fastueux et royal. Chaque parcelle de mur et de plafond est peinte, les sols en marbres colorés ou en parquet sont admirables, les sculptures superbes et les tableaux de maîtres incomparables. La collection est visible sur deux étages. L’étage inférieur est réservé aux sculptures, l’étage supérieur aux peintures.

Les grands peintres sont très présents et pour n’en citer que quelques-uns : Rubens, Le Caravage, Le Titien, Raphaël, Le Bernin, pour la période renaissance et Goya, Renoir, Van Gog, pour l’art moderne. Certains tableaux que nous avons le loisir d’admirer ne sont visibles que dans cette galerie, car ils sont frappés d’inamovibilité pour éviter de les détériorer. Dans un tel décor, ils prennent toutes leurs dimensions artistiques et nous en prenons plein les yeux. Nous ne sommes pas des spécialistes en peinture et ne savons pas décoder le sens caché de tel ou tel symbole, mais qu’importe, nous prenons un réel plaisir à les contempler et nous nous régalons.

Villa Borghèse

Nous ne restons pas insensibles devant la sculpture de marbre blanc de Pauline (sœur de Napoléon Bonaparte) en Vénus, exécutée par Canova. C’est un pur chef-d’œuvre de beauté et de sensualité. A l’époque, un parfum de scandale entoure cette statue. Imaginez, le bruit court que Pauline aurait posé nue ! Si tel est le cas, nous ne nous en plaindrons pas, car cette Vénus, à demi dénudée, a bien du charme. N’est-ce pas, Messieurs ? Nous vous laissons apprécier.

Comme chacun sait, le touriste en goguette a toutes les chances de se faire arnaquer et pas uniquement à l’étranger. Lorsque cela reste dans l’ordre du raisonnable, nous passons facilement l’éponge et considérons que cela est de bonne guerre. Là franchement, le repas nous reste sur l’estomac.

Quand l’addition est salée !

Pour notre dernière soirée romaine, nous décidons d’aller au restaurant et de nous faire plaisir. Nous choisissons El Peperone Ristorante *, dans la rue Vittorio Veneto, pas très loin du Hard Rock Café. La carte est attrayante et les prix raisonnables. Nous commandons un T-bone, le fameux steak fondant avec, comme il se doit, des tomates mozzarella en entrée. La viande est savoureuse, le vin gouleyant et le service très zélé, voire même un peu trop, et cela nous agace légèrement. Les serveurs veulent sans cesse nous faire commander des plats supplémentaires que nous refusons. Le repas terminé, nous demandons l’addition.

Scandaleux ! Nous constatons qu’il nous est facturé l’équivalent de 900 gr de viande pour 100 €. Un, cela fait cher au kilo et deux, 450 gr de bœuf dans son assiette, cela se remarque et sincèrement, ce n’est pas ce qui nous a été servi. A ce prix, ils nous font payer des os plombés en supplément. C’est un dialogue de sourds et les serveurs ne veulent pas entendre raison. Le T-bone est facturé au poids et le prix, c’est le prix ! De guerre lasse, nous réglons notre note de 150 €, mais nous avons comme un os en travers de la gorge. Ce sera la seule mauvaise surprise de cette escapade, mais elle a comme un arrière-goût amer. Cela dit, nous nous en remettrons.

* Aujourd’hui le nom a changé, ce restaurant s’appelle maintenant Frankies’s grill et nous espérons que les anciennes pratiques ont disparu.

Vue sur Rome

Nous sommes tombés sous le charme des édifices majestueux qui nous racontent l’histoire de la Rome antique. Chaque quartier, chaque place et chaque rue nous réservent son lot de surprises avec des témoignages de cette gloire et splendeur passées.

Malheureusement, la ville éternelle est victime de son immense succès et attire énormément de touristes venus des quatre coins du monde. La foule permanente, présente sur tous les lieux touristiques s’avère à la longue fatigante, voire stressante. Inutile de faire le marathon, il vaut mieux prévoir une journée supplémentaire de découverte pour prendre son temps.

Nous avons vite appris ; à Rome, la patience est mère de toutes les vertus.

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5 Commentaires

  1. Avatar

    Monfin ch

    17 mars 2018 at 20 h 32 min

    Bjr une des plus belles villes du monde ,cela me rappelle de beaux souvenirs mais il y a 11 ans ,on ne s’en lasse pas.bonne route soyez prudents bises à vous

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  2. Avatar

    Labat

    23 mars 2018 at 21 h 20 min

    Sylvie, Bernard. Merci d’avoir joué les guides. A travers vos textes et grâce aux splendides photos qui les accompagnent, on s’y croirait. A très bientôt pour de nouvelles aventures.

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  3. Avatar

    kikimagtravel

    28 mars 2018 at 18 h 15 min

    “Nous avons vite appris ; à Rome, la patience est mère de toutes les vertus….” Tout à fait haha
    Rome est une chouette ville qui est incroyablement intéressante mais c’est vrai que le côté touristique peut nous “fatiguer” comme tu le dis. J’ai beaucoup apprécié Naples hors saison car justement j’étais loin de la foule touristique comme j’avais pu avoir à Rome. Et ça ça vaut de l’or!!

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