La vierge blanche du fjord de Saguenay.

Notre périple au Québec ne serait pas complet sans une randonnée pédestre dans les décors sauvages du parc national de Saguenay . Suivons le sentier de la statue au cap Trinité, celui qui mène à la fameuse vierge blanche. Commençons par le commencement.

Voici le pourquoi du comment de son origine.

« Nous sommes en 1878 et notre sieur Charles-Napoléon Robitaille vaque à ses occupations. Il est voyageur de commerce de son état et ravitaille les familles isolées en fournitures diverses et variées : tissus, outils, sirops…  et babioles en tous genres. Comme à son habitude, il laisse sa fidèle jument aller à son rythme sur le lac gelé. Pendant ce temps, il profite d’un bon repos sous la chaleur de ses peaux et couvertures. Soudain, c’est le drame : la glace cède. La jument, la carriole, son chargement et notre bonhomme sont engloutis dans l’eau glacée du fjord. Adieu veaux, vaches, cochons, couvées (d’accord, là on y va fort . Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?).

C’est la mort assurée pour Charles-Napoléon : paix à son âme !

Que nenni ! Sieur Robitaille implore deux fois la Sainte Vierge de le sauver et de lui laisser au moins dix ans de vie auprès de sa famille. En échange, il l’honorera de manière exceptionnelle. Qu’à cela ne tienne, Charles-Napoléon échappe ainsi à une mort certaine et même à la pneumonie qui le guette. Une promesse est une promesse. Mais que doit-il donc faire pour l’honorer ? Ce sera donc une gigantesque statue de 30 pieds de haut qui sera érigée au Cap Trinité.« 

Après quelques péripéties pour la monter en haut du cap, la vierge veille maintenant du haut de son promontoire. C’est le but de notre randonnée. Bon, ce n’est pas le tout, il faut y aller.

En forme pour nous suivre ?

Nous n’avons pas vraiment choisi notre jour, car il pleuviote de temps en temps. Cette balade d’environ 8 km est prévue et ce n’est pas une petite pluie qui va nous arrêter. Autant vous prévenir tout de suite, c’est du brutal pour démarrer. Et puis, nous avons une difficulté supplémentaire avec le sentier rendu glissant. Nous affrontons une dénivellation de 300 m sur 2 km environ avec des marches pas très faciles taillées dans la roche. C’est juste pour vous mettre en condition, il y en aurait 1075 au total en bois et en pierre sur tout le parcours. Ok, nous avouons ne pas les avoir comptées et heureusement que nous ne l’apprenons qu’après coup, sinon peut-être que…

Du coup, vous vous demandez si cela vaut vraiment la peine de se fracasser les jambes pour grimper voir cette statue.

La vue.

Fjord Saguenay

Hé bien oui, nous sommes contents d’être là, même si nous en bavons un peu au début. Nous profitons de la nature et prenons un bon bol d’air. Que demander de plus ? Compte tenu du temps maussade et peu engageant, il n’y a pas foule sur le parcours et nous ne croisons personne. A croire que nous sommes les seuls téméraires à tenter l’excursion aujourd’hui. Ah non, un écureuil au pelage noir vient nous faire un petit coucou et traverse tranquillement le sentier juste devant nous. Il n’est pas du tout effarouché par notre présence et ce sera le seul animal que nous verrons. Même les moustiques ont renoncé à sortir. Les différents point de vue sont tout à nous et les paysages sur le fjord sont magnifiques. Nus sommes sous le charme ; cela vaut bien quelques efforts non ?

Entre deux averses, nous pouvons même faire de la balançoire et malgré ce que l’on peut penser, elle n’est pas là uniquement que pour les enfants.

Le sentier.

Sentier

Ce n’est pas la grande aventure puisque tout est parfaitement balisé et que l’on ne peut difficilement se tromper, sauf à le faire exprès. A partir de la halte Bellevue, on récupère un peu, puis c’est beaucoup plus facile. Passé le refuge où l’on peut casser la croûte à l’abri, nous entamons ensuite une descente avec de nombreux escaliers en bois pour atteindre la vierge blanche ; Notre-Dame du Saguenay de son nom actuel.

La statue.

Vierge

Saguenay vierge blanche

Surplombant le fjord magnifique avec une vue plongeante, elle nous attend. Drapée de blanc, mains jointes, son visage empreint de douceur et de sérénité, portant couronne d’étoiles dorées, elle nous attend. Quelle récompense ! Nous ne regrettons pas d’être là pour l’admirer et de ne la partager avec personne. Nous sommes toujours les seuls courageux à être montés pour cette belle randonnée, et pour la descente, toujours pas âme qui vive.

La Vierge domine le cap Trinité et tous les bateaux donnent un coup de corne pour saluer à leur manière cette madone qui protège le fjord et veille sur les navigateurs depuis 1881.

  • Cyclorama de Jérusalem vu de l'extérieur

    Le Cyclorama de Jérusalem : quésaco ?

    De passage à Sainte-Anne-de-Beaupré (Québec) pour visiter la superbe basilique, nous remar…
  • bannières

    Road Trip à travers le Québec.

    Québec, nous voilà ! Pour ce faire, nous louons un camping-car sur place pour une quinzain…
Charger plus dans Canada

Laisser un commentaire

Voir également

Il pleut, il pleut Bergère !

Des galères à vélo ou à moto, nous connaissons pour en avoir expérimenté quelques-unes. Qu…