Les îles d’Uros et de Taquilé sont-elles incontournables ?

Ile flottante

Nous arrivons à Puno, au bord du lac Titicaca sous de sombres auspices : il pleut, il fait froid et l’hébergement est cheap. Le lendemain, nous abandonnons provisoirement nos motos pour prendre le bateau en direction des îles flottantes d’Uros et l’île de Taquilé.

Le ton est donné dès le départ, nous ne sommes pas seuls, loin de là. Il faut passer d’un bateau à l’autre pour trouver le bon et c’est blindé. On nous donne un nom de groupe, on nous compte et recompte pour ne perdre personne et le timing est calculé au plus juste. Ce n’est pas l’idée que nous nous faisions de cette excursion : nous sommes dans le tourisme de masse. Voyons ce que nous réserve la suite.

L’île flottante de Santa Maria Coyla.

Ile flottante

gerbes de jonc

Nous sommes attendus et le comité d’accueil est à pied d’oeuvre lorsque nous accostons. La première impression est un peu déconcertante lorsque l’on marche sur ces roseaux ; c’est presque mou , mais on s’y fait rapidement. On nous invite à nous asseoir bien sagement et on nous explique, tout en anglais, la construction de ces îles au moyen de tourbe flottante tirée directement du lac sur laquelle on ajoute une couche de totora (roseau ou jonc) pour être au sec. Heureusement, notre pote Valère nous traduit une partie du discours, car nous ne captons qu’un mot sur deux malgré une série de figurines censées illustrer le propos . Entre temps, un autre groupe vient s’installer à proximité et on lui sert la même démonstration dans une autre langue ; on ne chôme pas et c’est l’usine.

Et la pêche ? Hé bien il n’y a pas grand-chose à en dire ; nous voyons juste un malheureux poisson qui n’est pas de première fraîcheur au fond d’une poterie ; cette activité ne sert que de complément pour nourrir la famille puisque vous l’avez bien compris, ce n’est pas leur source principale de revenus.

artisanat ile uros

artisanat ile uros

Chanteuses péruviennes

Toutes ces familles vivent essentiellement du tourisme et on nous sort le grand jeu : démonstration de broderie, exposition d’artisanat divers réalisé par les femmes, chants français pour l’occasion et même invitation pressante à entrer dans les maisons en nous prenant fermement par la main. On se demande même si  les personnes que nous rencontrons vivent réellement ici. Alouette je te plumerai, prise au premier degré nous reste en travers de la gorge, le forcing pour acheter et monter sur les radeaux, aussi. Nous sommes au bord de l’overdose ; cela manque cruellement d’authenticité et ce n’est pas ce que nous venons chercher : c’est très décevant.

Alors, que nous réserve la suite de cette journée ? Nous reprenons le bateau en direction de l’île de Taquilé où le déjeuner est préparé par une famille locale, puis montée jusqu’au centre du village avant de rentrer sur Puno.

L’île de Taquilé.

Débarcadère île Taquilé

costume traditionnel taquile

costume traditionnel ile de taquile

Arrivés, nous montons tranquillement le chemin sous peine de rester sur le carreau par manque d’oxygène ; il faut se ménager, car mine de rien nous sommes en altitude et ça grimpe sec pour rejoindre le restaurant où nous sommes attendus pour le repas de midi. Allons-nous avoir de bonnes surprises ?près un repas servi près de la maison sur une grande table, toute la famille est mise à contribution : le jeune homme célibataire en costume traditionnel tricote, la jeune femme tisse une couverture sur un métier rustique, à genoux sur le sol et son époux mime les travaux des champs, sans oublier la démonstration de lavage avec la saponaire, la musique et la ronde où Bernard est invité à participer, avant que l’on nous rappelle qu’il est possible de laisser de l’argent pour la famille. Nous sommes au théâtre et l’on joue une pièce pour nous ; chacun des personnages possède parfaitement son rôle dans un spectacle bien rodé. Ce n’est pas notre tasse de thé et nous apprécions très moyennement cette mise en scène caricaturale.

Villageois péruviens

Nous continuons vers le village et c’est un changement radical d’ambiance, car nous sentons clairement que nous sommes des intrus et c’est à juste titre. Les hordes de touristes débarquent, envahissent la place et les ruelles en troublant la vie paisible des habitants. En venant ici, il y a une forme de voyeurisme malsain qui nous gêne fortement. Nous ne sommes pas à l’aise au milieu des femmes qui nous ignorent ostensiblement lorsque nous passons près d’elles pour prendre le chemin du retour. Aussi, nous ne nous attardons pas et nous demandons ce que nous sommes venus faire dans cette galère.

paysage ile de taquilé

Cultures

Nous avons tellement hâte de repartir que nous en oublions presque de contempler les paysages que nous découvrons en allant rejoindre le point d’embarquement. Franchement si j’aurais su, j’aurais pas venu ! (dixit petit Gibus).  Nous ne prenons aucun plaisir à cette excursion tant les contacts avec les habitants sont faussés et dénaturés. Nous apprécions néanmoins de voir le fameux lac Titicaca dont la réputation n’est plus à faire.

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