USA

Oatman, la ville fantôme aux côtés western sur la Route 66.

Oatman

Cette portion de route 66 en Arizona, aujourd’hui encore empruntée par de nombreux motards continue de subsister au milieu de montagnes désertiques et nous amène à Oatman, ancienne ville minière qui au temps de la ruée vers l’or était prospère et peuplée. Malheureusement, le filon s’est épuisé et les prospecteurs sont partis laissant derrière eux une ville fantôme. Triste histoire, mais rassurez-vous, elle ne s’arrête pas là.

Black Mountains

Pour arriver ici, nous passons dans les Blacks Mountains où la route sinueuse fait le régal des pilotes sur cette mythique Mother Road que tout motard rêve de parcourir un jour, et les paysages que nous découvrons sont à la fois vertigineux et extraordinaires, on s’attend presque à voir débouler les Indiens de ces pentes arides au grand galop sur leurs chevaux en brandissant leurs arcs et leurs flèches. D’ailleurs, Oatman tient son nom d’une famille de colons qui fut attaquée par des Indiens en 1851 ; aujourd’hui, seuls quelques anciens refusant de voir leur bourgade mourir restent encore ici et continuent de tenir quelques commerces grâce au regain d’intérêt pour cette ancienne portion de Route 66 réputée pour être la plus belle, ce que nous confirmons ; tout y est resté sauvage et envoûtant, même si la chaussée n’est pas au mieux de sa forme.

Oatman

Oatman roues de charriots

Oatman donkey

Cette petite ville minière pittoresque où le temps semble suspendu a des côtés western  avec des boutiques aux façades d’époque et tous les accessoires qui vont bien avec ; cela va des roues de chariots ou des fers à cheval, en passant même par la potence où les nœuds coulants sont encore prêts. Ici, les ânes quémandeurs de carottes déambulent tranquillement dans la rue principale et n’hésitent pas, si on les laisse faire, à entrer directement dans les magasins comme s’ils étaient chez eux, au grand dam des propriétaires des lieux. Impossible de les ignorer, ils sont tellement populaires et attachants qu’ils sont devenus les vedettes et les mascottes du village et l’une de ses attractions. Ce sont les descendants des burros retournés à l’état sauvage ; ils travaillaient jadis dans les mines et les anciens prospecteurs les ont laissés sur place lorsqu’ils ont quitté la région. Ces animaux, pas sauvages pour deux sous, ne nous quittent pas d’une semelle, car ils ont bien compris le truc et savent que nous allons craquer à un moment ou un autre. Hé oui, ils nous ont à l’usure les cocos et nous ne faisons pas exception aux usages en achetant une botte de carottes pour leur donner tout en faisant attention à ne pas se faire croquer les doigts en même temps.

Oatman bureau de poste

Oatman âne dans la rue

Oatman magasin

Il faut bien convenir que c’est un peu mort ici ; il n’y a pas foule à notre arrivée et tout est calme, voire même un peu trop. Ce qui n’est pas le cas, lorsque certains jours un gunfight a lieu dans la grande rue où les pétoires sont de sortie et l’humour aussi, mais nous n’avons malheureusement pas eu droit à cette démonstration lors de notre venue. Dommage, on aurait bien aimé à assister à ce duel folklorique ; cela aurait mis un peu d’ambiance et d’animation autour de nous. Du coup, nous en profitons pour faire le tour des popotes et entrons dans presque toutes les boutiques et les saloons au charme désuet et à la décoration ancienne ; il faut bien reconnaître que tout est un peu kitsch à souhait, mais c’est ce qui séduit dans cette ville et le dépaysement est garanti, surtout lorsque l’on trouve une tête de bison empaillée près de notre table lorsque nous allons siroter une boisson bien fraîche. Malgré tout, nous prenons plaisir à musarder dans ces antiques boutiques restées dans leurs jus où l’accueil est chaleureux, même s’il n’y a finalement que des gadgets à l’attention des visiteurs de passage.

Qu’importe, nous sommes sur le tracé de la Route 66 et Oatman contribue elle aussi à faire vivre le mythe qui fait le bonheur des motards et de bien d’autres. C’est une étape incontournable pour ceux qui veulent se laisser porter par une atmosphère hors du temps qui fait encore rêver ; c’est ce que l’on trouve ici et c’est ce que l’on aime.

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