Le béret basque sous les projecteurs.

 

bérets maison Lauthère

L’image emblématique du béret basque, c’est bien sûr l’image du Français avec la baguette de pain sous le bras et le béret sur la tête. D’ailleurs, c’est celle que nous captons dans l’objectif de notre appareil photo, lors du marathon de New-York. Il est bien marrant celui-là, comme d’autres dans des tenues représentatives de leur pays. Bref, de passage à Saint-Jean-Pied-de-Port où se termine notre périple sur le chemin de Compostelle, nous nous arrêtons à une boutique très sympathique qui vend des bérets. Pas n’importe lesquels. Ici, on défend le savoir-faire français et ses créations originales réalisées dans les règles de l’art. Parce que oui, c’est tout un art pour réaliser ce petit chef d’œuvre.

Poussons la porte du magasin de la Maison Cavier.

Maison Cavier

Tiens, ce commerce dans la rue principale ne nous est pas inconnu. Sylvie interroge la personne venue à notre rencontre :

« Il me semble vous avoir vu à la télévision dans une émission parlant du béret basque ».

« Mais oui, c’était dans Échappées belles sur le 5, il y a quelque temps. Différents articles sont également parus dans des magazines ».Ceux-ci sont précieusement gardés à portée de main pour les montrer avec fierté aux clients.

« Je crois reconnaître Monsieur ». Un super Papy, bien en forme et en verve qui renseigne courtoisement une cliente.

« C’est mon mari, c’est lui qui parlait du béret ».

Dans cette entreprise familiale CAVIER (4ème et 5ème génération depuis 1859), on travaille en famille avec Jean, Laurentine et leur fils Michel. L’accueil est chaleureux, sympathique et professionnel.

Pourquoi acheter un béret ?

Si cette petite chose a séduit de nombreuses personnalités allant de l’abbé Pierre à Charlène de Monaco, pourquoi pas nous ? C’est tendance, c’est mode et ça plaît. Et puis, en plus d’être élégant, il possède moultes qualités. Il est imperméable, confortable, solide, souple et léger, ne se déforme pas, ne se froisse pas et, cerise sur le gâteau, ne déteint pas. Bien sûr, quand c’est fabriqué selon un processus traditionnel. D’ailleurs, Sylvie veut un authentique béret. Pas question d’acheter une pâle imitation venue d’ailleurs.

Ici, on vend les véritables bérets basques Héritage fabriqués par LAUTHERE à Oloron-Sainte-Marie, au pied des Pyrénées. Là-bas, on fait des bérets depuis 1840. Le made in France prend tout son sens avec le respect des traditions, de la culture, du patrimoine et de l’artisanat. Aujourd’hui, il reste peu de fabricants de bérets authentiques.

Les différentes phases de fabrication.

Lauthère Héritage

Elles sont multiples et répondent toutes à une opération spécifique. C’est à chacune d’elles que l’habileté s’exprime pour livrer aux clients un objet unique. Pour que vous compreniez mieux, on vous les explique succinctement.

1 – Le tricotage et le remaillage.

Le béret est tricoté avec de la laine de mouton Mérinos et ressemble à une sorte de galette qui sera fermée. Ce n’est pas une opération simple puisqu’il faut gérer le nombre de mailles avec des augmentations ou des diminutions pour respecter la forme du futur béret. Puis, on ferme le tricot en rattrapant les mailles des deux bordures afin d’obtenir une forme circulaire. La fameuse petite queue, le Cabillou est tricotée à la main et trône alors au centre du béret. Signe distinctif du vrai béret basque.

2 – Le foulage ou feutrage.

Vous avez déjà mis de la laine dans de l’eau trop chaude et cela ne pardonne pas. Adieu beau pull, c’est maintenant une brassière ! Là, on fait exprès de chauffer les galettes de laine dans de grandes machines à laver avec de l’eau savonneuse, puisque le but rechercher, c’est justement de la feutrer. La densité du produit se transforme et perd alors du diamètre. Il devient épais tout en étant imperméable et respirant. C’est une opération délicate et les paramètres doivent être équilibrés pour obtenir la souplesse et la résistance souhaitées.

3 – La teinture.

Les différentes teintes sont obtenues à partir de pigments et de recettes jalousement gardées. Dans la boutique, le panel des couleurs est important. Elles sont éclatantes et profondes, modes ou classiques.

4 – La mise en forme.

A l’origine, les bergers utilisaient leurs genoux. Aujourd’hui, le béret est placé, dès sa sortie du bain de teinture sur une forme en bois pour lui donner son diamètre définitif après séchage.

5 – Le grattage et rasage.

On peaufine le futur chef-d’œuvre par une mise en beauté. Il est alors tondu pour lui donner son aspect velouté final et son toucher soyeux si particulier. Le Cabillou (rappelez-vous, la petite queue) est lui-aussi minutieusement tondu à l’aide d’un rasoir adapté à sa taille réduite.

6 – Le garnissage.

Une coiffe ou doublure est posée avant de coudre la bande de cuir, appelée baleine pour donner à l’objet terminé, plus de tenue. Le nœud en ruban de couleur appelé traditionnellement la bouffette marque l’arrière du béret et l’écusson brodé indique la provenance de l’article.

7 – Le contrôle final.

Le produit fini fait l’objet de toutes les attentions pour être parfait. Il est scruté à la loupe et l’on n’hésite pas à enlever à la pince à épiler, si nécessaire, la moindre particule coincée dans la laine. Un dernier coup de brosse en fibres végétales et le voilà bon pour le service.

Comment porter ce couvre-chef ?

On fait comme on le sent et selon son humeur du jour. Il indique, paraît-il, l’état d’esprit de son propriétaire :

  • Penché sur les yeux, c’est la détermination,
  • Porté sur le côté, on montre un esprit frondeur ou coquin,
  • En arrière, c’est la satisfaction, voire la béatitude.
  • On le porte également de façon gavroche ou parachutiste.
  • Et si vous voyez quelqu’un tourner son couvre-chef sans le retirer, fuyez, sa colère ne va pas tarder à éclater.

Vrai ou faux, peu importe. Franchement, ce béret intemporel a bien du charme.

Une large gamme d’articles.

Maison Cavier bérets

Bonne nouvelle pour les dames, il y a plusieurs formes et les coloris modes sont séduisants. Dans la boutique, on trouve le modèle :

  • classique de base à 35 € décliné dans une large gamme de coloris : rouge, orange, vert, blanc cassé, violet, bleu,…
  • Chopin à 53 €. C’est pour celui-là que Sylvie craque. A défaut de rouge, elle le prend en bordeaux pour coordonner avec ses grandes écharpes indiennes en parchemina aux tons fondus de pourpre.
  • casquette à 63 €.

Madame Laurentine est d’une patience à toute épreuve et donne d’excellents conseils. Sylvie s’amuse beaucoup à essayer des formes et des couleurs différentes. Elle distrait même une cliente du magasin qui la regarde et lui dit « Cela vous va vraiment bien.».

Vendu !

Nota : Cet article n’est pas sponsorisé.

Crédit photos (1 à 4) : Les clichés ont aimablement été transmis par Michel Cavier et nous l’en remercions chaleureusement.

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