Se perdre dans les jardins de Marqueyssac.

Art topiaire

Pour découvrir les jardins de Marqueyssac, direction le Périgord noir, au cœur de la Dordogne sur la commune de Vézac. Nous sommes à environ 9 km de la bien connue Sarlat-la-Canéda. Si ce site classé de 22 hectares propose des promenades ombragées parmi des buis centenaires ; son belvédère offre également un point de vue exceptionnel sur l’ensemble de la vallée. Avec son parc, c’est un lieu de promenade privilégié pour toute la famille. Nous sommes passés à plusieurs reprises sur la route, juste à ses pieds, sans soupçonner le trésor que nous avions sur le piton rocheux  presque au-dessus de nos têtes. Cette fois, nous nous y arrêtons.

Le château et son parc.

Château

Marqueyssac sous-bois

Nous sommes ici sur un domaine privé, né de l’histoire d’une famille remontant au XVIIe siècle. C’est à cette époque que l’essentiel des aménagements du jardin et des promenades est réalisé. Par la suite, il y a l’ajout de nombreuses essences d’arbres, ainsi que des rocailles ou des cabanes en pierre sèche pour agrémenter la beauté du site. Puis, le château et son parc sont petit à petit désertés. Réhabilité en 1996, la restauration du domaine s’est attachée à préserver les lieux pour lui redonner son caractère d’antan. Ce n’est qu’en 1997 qu’il est ouvert au public. Et si vous croisez les paons en goguette, c’est normal, ce sont des stars ici.

Les différents parcours proposés.

Jardins de Marqueyssac plan

Ils sont au nombre de trois : la grande allée, la promenade des falaises et celle des hauteurs. Pour s’y retrouver, nous suivons le plan qui nous est remis à l’entrée et le balisage nous amène sur l’itinéraire choisi. De nombreuses allées transversales permettent à tout moment de passer d’une promenade à l’autre, selon l’envie. C’est très simple. Et si vous avez un petit coup de pompe, de nombreux bancs ou des aires de repos vous attendent un peu partout et c’est bien vu.

La promenade des falaises.

Jardins de Marqueyssac

Nous commençons par celle-ci pour aller vers le belvédère. Elle porte bien son nom puisque nous longeons la falaise, mais aussi parce que la roche borde notre parcours. De nombreux panneaux illustrés renseignent le visiteur sur l’histoire de la vallée, sa faune et sa flore. C’est l’occasion d’en apprendre davantage sur la région tout en se promenant. Nous remarquons que le Coulobre, personnage imaginaire et mythique dont nous découvrons la légende au Gouffre du Vaucluse est également présent ici. Voici son histoire, version périgourdine.

Le Coulobre

« Imaginez, un corps de serpent, une tête monstrueuse, des ailes énormes et deux pattes avant pourvues de longs ongles crochus. Ce dragon se cache dans une grotte au milieu de coteaux boisés, rive gauche. Il fait chavirer les embarcations au Saut de la Gratusse à Lalindre et mange tout ce qui est à sa portée. Tout y passe : les bateliers, les lavandières, les pêcheurs,… Appelé en renfort, Saint Front terrasse la créature du diable d’un coup d’épée, après un combat épique. »

Ici, le Coulobre représente les dangers de la rivière que le gabarier doit surmonter pour arriver sain et sauf à bon port.

Le belvédère.

Nous voilà arrivés. « Altitude 192 m – 130 mètres au-dessus de la Dordogne ». Impressionnant. On a un peu le vertige en se penchant au-dessus de la balustrade. La vallée de la Dordogne s’étale sous nos yeux avec une vue imprenable. Le village de la Roque-Gageac (classé parmi les plus beaux village de France) étale ses toits rouge sous la falaise et l’on aperçoit même une gabare, là en bas, sur la rivière. Si vous avez un peu de temps, c’est une petite balade sympathique pour approcher le château de Castelnaud.

Sur le domaine, les buis sont rois.

Jardins de Marqueyssac

150 000 buis, ce chiffre est vertigineux. On comprend mieux en parcourant les 6 kilomètres de promenades où s’épanouissent ces arbustes taillés uniquement à la main. Ils sont omniprésents. Choisis pour leur feuillage dense restant vert toute l’année, les buis se prêtent volontiers à la réalisation de l’art topiaire. Celui-ci consiste à réaliser des formes végétales complexes comme celles que l’on trouve près du château.

Clac, clac ! On entend le bruit d’une cisaille tout près de nous, allons voir les jardiniers.

Brève rencontre.

Ils sont trois en train d’installer les gabarits pour tailler la repousse. Du coup, Sylvie va papoter avec eux :

– Je suis intriguée. Dites-moi combien de temps vous faut-il pour tailler tous ces buis ? 

– Nous travaillons en premier sur ceux près du château. Cela prend du temps avec leurs formes arrondies. Pour cette année 2021 particulièrement pluvieuse, nous sommes intervenus cinq fois là-bas depuis le mois de mars. Là, nous coupons les repousses sur le reste des promenades, c’est beaucoup plus rapide.

– Et vous aurez terminé quand ? 

– Normalement, mi-décembre, ce sera bon pour les buis. Au total, c’est près de 3000 heures. Ensuite, nous passons à la taille et à l’entretien des arbres. Il y a pas mal de travail tout au long de l’année dans le parc. 

– Bravo, c’est superbe.

En temps normal, deux tailles suffisent pour les buis : l’une au printemps et l’autre en automne. Cette année, les jardiniers ont été particulièrement gâtés.

Des formes originales.

Jardins de Marqueyssac chaos de buis

Véritable labyrinthe végétal, on se perd avec bonheur parmi les allées sinueuses du jardin. La rondeur des buis et leur taille moutonnante confèrent à l’ensemble un charme et une douceur indéniables. Nous sommes parachutés en pleine période romantique où tout est harmonieux et caresse le regard. Quand au chaos de buis à l’arrière du château, il est particulièrement remarquable. Les buis taillés avec des gabarits donnent l’illusion de blocs de pierre. On adore cette touche contemporaine où le talent des jardiniers souffle un vent de renouveau sur les jardins.

Et quoi encore ?

Sculptures, fontaines, exposition photos, aire de jeux pour les pauses récréatives des petits nous attendent à chaque détour du parc. Loin des regards, peut-être aurez envie de faire comme les jeunes gens dont les rires sont si communicatifs. Ils s’éclatent dans le filet suspendu des enfants en faisant des roulades et des cabrioles. Trop drôle ! Moins téméraires, nous nous contentons des balançoires.

Les jardins de Marqueyssac, ouverts toute l’année sont un véritable enchantement. Rien de comparable avec ceux de Rocambole, d’un autre genre. Un seul regret pourtant. Plusieurs photos nous montrent les buis sous le givre et cela nous fait rêver. Dommage que nous ne puissions les voir en hiver. Une autre fois peut-être ?

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